Jean-Louis Cabanès (dir.)

 

Pour Charles Magnin, critique du Globe, le XIXe siècle serait « l’âge de l’esthétique ». Cet ouvrage collectif, centré sur la période romantique, se propose de vérifier cette assertion en étudiant la ruine progressive des poétiques normatives et l’acclimatation en France de cette notion qui fut d’abord allemande. Sous le signe de l’interculturalité, ont été étudiés les modèles germaniques (Schiller, les frères Schlegel, Schelling, Heine), la rémanence d’un sublime de terreur tel qu’il avait été défini par Burke, les passeurs et les divers passages (Mme de Staël), voire l’institution, sous forme de cours privés (Jouffroy) ou publics (Cousin), d’une esthétique à la française. Il fallait scruter à nouveau les essais (Le Génie du christianisme), les préfaces célèbres (Préface de Cromwell, Préface de Mademoiselle de Maupin), les correspondances réelles ou fictives (Lettres d’un voyageur de George Sand) ou bien encore les textes ou les illustrations programmatiques des revues (L’Artiste). Mais il convenait également d’examiner la portée manifestaire d’un tableau ou d’une musique, voire de scruter des manuels de beauté qui codifient l’idée que l’on peut se faire de la distinction corporelle. Cet ouvrage ne s’est pas limité au prescrit, il a surtout pris en compte les moyens indirects par lesquels les œuvres laissent deviner un système de valeurs, une axiologie relative au beau et au sublime.

Sommaire

Panoramique

  • Introduction, Philipe Hamon
  • De la poétique à l’esthétique (1800-1850), José-Luis Diaz
  • Le débat français sur l’esthétique philosophique allemande (1820-1850), Elisabeth Decultot

Des Lumières au Romantisme. La théorie à l’œuvre

  • L’esthétique comme unité du théorique et du pratique dans le Système de l’idéalisme transcendantal de Schelling, Mildred Galland-Szymkowiak
  • L’esthétique selon Schiller. Prolégomènes à l’étude de sa réception, René-Marc Pille
  • Le réalisme esthétique de la philosophie spiritualiste, une esthétique de l’idéal, Laurent Clauzade
  • Hugo, le grotesque et l’arabesque, Dominique Peyrache-Leborgne
  • Esthétique, sublime et monstrueux, Baldine Saint-Girons

L’ancien et le nouveau

  • Bonald ou l’esthétique sociale de la littérature, Gérard Gengembre
  • Y a-t-il une esthétique staëlienne en 1800 ?, Stéphanie Tribouillard
  • Le beau idéal selon Chateaubriand, Béatrice Didier
  • L’esthétique de la langue selon Nodier, Jean-François Jeandillou

Sociabilités au cours du siècle

  • L’Artiste (1831-1838) : l’artiste, les Salons et la critique d’art, Celina Moreira de Mello
  • À la lisière de l’avant-garde esthétique : La Liberté, journal des arts, Anthony Glinoer
  • Les manuels de beauté romantiques : une esthétique mise en pratique, François Kerlouégan
  • La quête du beau dans les utopies de la première moitié du XIXe siècle, Françoise Sylvos

Romantismes

  • Ironie romantique et esthétique, Marc-Mathieu Munch
  • Heinrich Heine et le salon de 1831 : ironie allemande et romantisme français, Jean Lacoste
  • L’esthétique musicale, d’Hoffmann à ses héritier, Timothée Picard
  • Sand et la « fraternité des arts », Brigitte Diaz
  • « Suivez le guide ! » Le commentaire esthétique du romanesque dans le récit balzacien, Christèle Couleau-Maixent
  • À quoi cela sert-il ? La polémique contre l’utilitarisme dans la préface de Mademoiselle de Maupin, Paolo Tortonese
  • Delacroix peintre et critique : questions au silence, Jean-Philippe Chimot
  • Imagination esthétique et conscience historique : Jules Michelet et les arts plastiques, Michèle Hannoosh


2009 – 360 pages – Format : 17×20 cm
isbn : 978-2-84016-022-9 – Prix : 26€
Langue : français

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