Sylvie Robic et Laurence Schifano (dir.)

Quelle contemporanéité singulière chercher chez Rohmer, dont l’œuvre théorique, télévisuelle et filmique dialogue ouvertement ou secrètement avec Chrétien de Troyes, Blaise Pascal et Honoré d’Urfé autant qu’avec Proust, Hitchcock, Antonioni, Godard et Ricardo Bofill ? À sa disparition en 2010, on a tout naturellement, en France et à l’étranger, salué en l’auteur de La Collectionneuse, de Ma nuit chez Maud, du Genou de Claire et de Pauline à la plage, le Marivaux ou le « moraliste du septième art », le « Master of tact », « le cinéaste littéraire par excellence ».
Réunissant, autour d’une commune attraction, des spécialistes de la littérature française et du cinéma, ce Rohmer en perspectives propose d’aborder le cinéaste à travers le prisme d’une contemporanéité complexe et contradictoire où l’héritage humaniste et la quête de beauté, de vérité et d’ordre s’ouvrent, non sans ambiguïté, aux intrusions, empêchements, déséquilibres et désordres du vivant.
Entre le celluloïd, le polaroïd et le marbre, se dessine ici le portrait de Rohmer en contemporain inactuel qui, du Signe du lion aux Amours d’Astrée et de Céladon, n’a cessé d’exposer le classicisme français aux rayons de la modernité et de l’historicité cinématographiques.

Sommaire

  • Avant-propos. Rohmer à contre temps, Laurence SCHIFANO
  • Le cinéma d’Éric Rohmer ou la transcendance comme un jeu, Sylvie ROBIC

LES YEUX D’HIER

  • Des Contes des quatre saisons à L’Anglaise et le Duc : la chute dans la parole, Noël HERPE
  • Eric Rohmer et son rapport à l’Histoire en particulier dans ses «tragédies de l’Histoire», François AMY DE LA BRETÈQUE
  • Des décors révolutionnés : le Pari(s) historique d’Éric Rohmer, Marie-Laure GUETIN

LABYRINTHES

  • Rohmer l’urbain, Thomas CLERC
  • «Où qu’on aille, on est condamné à la province». Éric Rohmer et la conversation ordinaire, Charles COUSTILLE
  • Forme filmique, labyrinthe urbain et temps circulaire dans Le Signe du Lion, Nicolas DROIN
  • Le Paris de Rohmer, de Saint-Germain-des-Prés à l’Étoile. Naissance d’un regard, Jacqueline VERGNAULT-SCIEUX

LE CLASSICISME, UNE QUESTION FRANÇAISE ?

  • La fausse clarté des énoncés dans les Contes moraux, Jean-Albert BRON
  • Éric Rohmer et «les choses telles qu’elles sont» : le cinéma en tant que forme moderne du classicisme, Giorgio DE VINCENTI
  • De formes musicales en formes de montage. De Mozart en Beethoven comme modèle théorique de l’histoire du montage, Térésa FAUCON
  • L’Ami de mon amie : la filiation ontologique et la filiation classique, Sarah LEPERCHEY

« PEUT-ÊTRE N’Y A-T-IL PAS DE ROMAN? »…

  • Dramaturgies de l’épreuve : le cinéma de Rohmer sous l’éclairage marivaudien, Christophe MARTIN
  • Perceval, présence et mystère, Jean-Pierre BORDIER
  • Conte et merveille dans Perceval le Gallois d’Éric Rohmer (1978), Julia NUSSBAUMER
  • Rêve dans un jardin français : La Femme de l’aviateur et Blow Up, Marie MARTIN

LE GOÛT DE LA BEAUTÉ, L’ART D’AIMER

  • L’Astrée d’Éric Rohmer à Honoré d’Urfe : une fable de la fidélité, Françoise LAVOCAT
  • Fables et figures de la mythologie classique dans l’œuvre de Rohmer, Jean-Loup BOURGET
  • Constance des belles endormies. D’une érotographie rohmérienne, Ivan HERARD
  • La perversion comme forme : à propos d’Éric Rohmer, Francis VANOYE


2012 – 314 pages – Format : 15×21 cm
isbn : 978-2-84016-174-5 – Prix : 23€
Illustrations N&B – Langue : français