Claude Cazalé Bérard (dir.)

Faire mémoire ? Qui fait mémoire ? De quoi ? Pour qui ? Comment ? Et s’agit-il, d’ailleurs, de « mémoriser », de « remémorer », ou encore de « commémorer » ? Quelles sont la place et la fonction des textes dans le processus mémoriel ?
Le texte ne peut-il être envisagé, en effet, comme le lieu privilégié de la relation fondatrice entre « soi » et l’« autre », comme un lieu de co-naissance et de confiance, mais aussi comme le lieu de l’imaginaire et donc de l’engendrement où prend forme et sens la créativité du langage – des premiers balbutiements à la métaphore et au récit –, comme le lieu de la connexion « entre les mots et les choses », entre « le temps de la nature et le temps de la culture », entre « les humains et les forces cosmiques », entre l’immanence et la transcendance, comme le lieu éminent de la mémoire ? N’est-ce pas à la dimension poétique, à l’engagement existentiel et éthique de ces écritures, à leur capacité heuristique à rendre compte de la vérité des hommes, qu’est confiée la mémoire des civilisations et des cultures, plutôt qu’à tout autre système de savoir ? Or c’est justement autour du traitement et de la réception des textes – menacés d’oblitération ou de manipulation par les logiques de marché et les critères de rentabilité – que se joue désormais le futur de la mémoire.
Les contributions sur la « Mémoire des textes » démontrent comment, depuis une vingtaine d’années, la philologie, la critique et l’histoire des textes ont collaboré de manière fructueuse avec l’informatique afin de renouveler les modalités de lecture, les procédures d’écriture, les techniques éditoriales, les conditions de conservation et de communication des écrits littéraires, publics et privés. Le second volet consacré aux « Textes de mémoire », aborde la question des formes d’écriture et des genres textuels les plus marqués par l’empreinte de la mémoire individuelle ou collective où les stratégies narratives et discursives répondent à des exigences de perfectionnement spirituel, d’autorité morale et sociale, de réputation littéraire, de survie existentielle et auctoriale, de sauvegarde identitaire et culturelle.

Sommaire

  • Mémoire des textes, textes de mémoire, Claude Cazalé Bérard
  • Memoria e scrittura, Raul Mordenti

Mémoire des textes

  • Élaboration et utilisation du Thesaurus Exemplorum Medii Aevi, Pascal Collomb, Marie-Anne Polo de Beaulieu
  • Pour un traitement linguistique des textes de mémoire non littéraires, Louis Begioni
  • Preliminari ad un’edizione elettronica del Principe del Machiavelli, Tito Orlandi
  • La codifica digitale come atto ermeneutico e semiotico, Domenico Fiormonte, Valentina Martiradonna
  • «Era una notte buia e tempestosa». I programmi di scrittura creativa tra poiesis e praxis per una narratologia informatica, Gius Gargiulo
  • La Rivista di Filosofia Scientifica «sentinella perduta». Storia e memoria nel concetto di evoluzione, Clotilde de Barbarulli, Ubaldo Ceccoli, Luciana Brandi

Textes de mémoire

  • Memoria dell’estasi: Angela da Foligno, Chiara Pisacane
  • La «casa Alberta» dans le De familia de Leon Battista Alberti. La mémoire sublimée, Nella Bensimon
  • Epistoliers, traduttori, imitatori. Verga, Rod, Eekhoud , Giorgio Longo
  • Il diario di un archiviòmane. Carlo Emilio Gadda, Alberto Cadioli
  • Correspondance et mémoire chez Sibilla Aleramo et Alba de Céspedes. Parcours exemplaires entre l’Italie et la France, Sabrina Ciminari
  • La face humaine de l’Histoire. «Un archivio della mémorial», Maurice Actis-Grosso


2008 – 294 pages – Format : 15×21 cm

isbn : 978-2-84016-016-8 – Prix : 18€

Langue : français – Diffusion vente directe