Françoise Martinez

Les fêtes nationales et les hymnes patriotiques rencontrent en Amérique latine une ferveur remarquable. Pourtant, rien de spontané dans cet enthousiasme. Les dates choisies, les chants retenus et les commémorations mises en place sont les fruits de décisions politiques au service de projets médités de construction citoyenne. En fêtant la nation, le groupe se reconnaît un passé commun qu’il se remémore en même temps qu’il n’a de cesse de le réinterpréter.

C’est une histoire comparée de ces réinterprétations, des façons de célébrer l’État-nation au Mexique et en Bolivie, pendant leur premier siècle de vie indépendante, qui est proposée ici. Les deux républiques naissantes partageaient une même volonté de construction nationale et une même préoccupation face à la forte composante « indigène » de leur population. Mais elles envisagèrent des modalités distinctes pour tisser ou raffermir les liens nationaux, pour intégrer ou exclure, pour mettre en scène ou invisibiliser les populations des territoires concernés.

Au-delà des typologies esquissées, les politiques festives et symboliques cherchèrent à doter d’évidence un sentiment d’appartenance nationale encore embryonnaire, mais dont la généralisation devenait une nécessité politique

Sommaire

Introduction

  • Le choix de la thématique et de la voie comparatiste
  • L’état de l’art
  • Méthodologie et analyses ciblées

Le temps des fêtes civiles et civiques (1810-1850). Fébrilités et oscillations festives

  • Nos pères, ces héros…
  • Trop de fêtes tuent la fête
  • Conclusion

Le temps des hymnes (1840-1860). Choix, usage et fixation des hymnes nationaux

  • Antécédents et modèles
  • De la Marseillaise à la Canción nacional boliviana
  • Hymnes vainqueurs et reconstructions de l’histoire
  • La laborieuse consécration des hymnes nationaux
  • Conclusion

Le temps des hiérarchies calendaires (1860-1910). Mieux chérir pour mieux servir

  • Des fêtes au service des urgences politiques
  • L’essor de nouvelles fêtes civiques locales : la « petite patrie » au service
    de la « grande patrie » ?
  • Du « polyfêtisme » au « monofêtisme » : pouvoir libéral et institutionnalisation
    d’une fête nationale
  • L’obligation festive : l’école au service de la fête nationale
  • Conclusion

Le temps des commémorations (1910-1925). Centenaires et « monuments de papier »

  • L’impératif d’ostentation
  • Vers un récit-portrait commémoratif des commémorations
  • Deux ouvrages pour deux projets politiques de construction nationale… et d’invisibilisation
  • Conclusion

Conclusion

Épilogue

Sigles, Sources et Références bibliographiques

  • Sigles utilisés
  • Sources primaires (Mexique ou liées au Mexique)
  • Imprimés, opuscules, folletos
  • Sources primaires (Bolivie ou liées à la Bolivie)
  • Bibliographie

Table des illustrations

Illustrations


2017 – 284 pages – Format : 15,5×24 cm
isbn : 978-2-84016-225-4 – Prix : 23€
Illustrations couleurs – Langue : français