Claude Coste

Pour les écrivains marqués par les crises du moderne, la musique offre le modèle d’une tension permanente entre la construction et la déconstruction, le tout et la partie, le fragment et la totalité. La musique rappelle qu’un ordre est possible et que cet ordre est sans cesse remis en cause, pour le meilleur et pour le pire. Qu’il s’agisse de la communauté des auditeurs opposée à la déréliction chez Berg, du « clair-obscur » pour Julien Gracq, de la fugue des Faux-monnayeurs ou de la prière de Marie dans Wozzeck, de l’album et du Livre chez Barthes, du « roman musical » comme dépassement des antagonismes, du jeu de la liaison et de la déliaison chez Quignard, de la puissance unificatrice de l’amour selon Mauriac, la musique d’Orphée donne le bel exemple d’une harmonie qui se nourrit de son propre désenchantement.

Sommaire

  • Liste des abréviations
  • Avant-propos
  • Les chapitres de ce livre ont donné lieu à une première publication
    en revue ou en volume

Moderne ou contemporain ?

  • La musique sérielle : une ère nouvelle dans l’histoire de la musique ?
  • Wozzeck ou la déréliction
  • Barthes : musique au présent
  • Le Versailles musical des écrivains français

Modèles croisés

  • L’enfance musicale de Jean-Christophe
  • Les Faux-monnayeurs ou l’Art de la fugue
  • Michaux moraliste dans Poteaux d’angle
  • L’opéra français contemporain : du roman au livret

Pouvoirs de la littérature

  • Correspondances de Romain Rolland avec les compositeurs
  • François Mauriac, « l’illettré » de la musique
  • Le scandale de Pelléas et Mélisande
  • Julien Gracq : la musique, un héritage du symbolisme ?
  • Le Nom sur le bout de la langue ou le voyage d’Orphée
  • Épilogue


2014 – 284 pages – Format : 15×21 cm
isbn : 978-2-84016-191-2 – Prix : 22€
Langue : français