Augustin Berque

 

Définie en 1848 comme science des milieux, la mésologie est née des travaux d’un disciple d’Auguste Comte, le médecin Charles Robin. Sous l’influence de la phénoménologie, elle a été refondée sur d’autres bases au XXe siècle par le naturaliste Jakob von Uexküll – précurseur de l’éthologie et de la biosémiotique – et par le philosophe Tetsurô Watsuji.

Tous deux – Uexküll au niveau du vivant en général, Watsuji à celui de l’humain en particulier – introduisent un double principe, d’une part : dans sa relation à l’environnement, l’être n’est pas un objet, mais un sujet qui interprète activement l’environnement pour en élaborer son milieu propre ; d’autre part, le milieu ne doit pas être confondu avec le donné brut de l’environnement. L’environnement fait l’objet de l’écologie, le milieu celui de la mésologie.

Il y a urgence à réembrayer rationnellement l’existence humaine à l’environnement. À force de s’abstraire du monde-objet qu’il s’est donné par le dualisme, le sujet moderne en vient à risquer de se supprimer lui-même. Il a commencé à le faire en ravageant l’environnement qui fonde son propre milieu. Sans mésologie, notre glorieux Anthropocène pourrait bien être bref…

 

Né en 1942 au Maroc, géographe, orientaliste et philosophe, Augustin Berque est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, où il enseigne la mésologie. Membre de l’Académie européenne, il a été le premier occidental à recevoir le Grand Prix de Fukuoka pour les cultures d’Asie.

Courriel : berque@ehess.fr. Site : mesologiques.fr

Sommaire

  • L’incompréhension première
  • Le legs du bonze galopant
  • La médiance
  • La trajection
  • Les deux âges de la mésologie
  • Les chaînes trajectives
  • La mésologie, pour quoi faire ?


2014 – 78 pages – Format : 13,5×20 cm
isbn : 978-2-84016-188-2 – Prix : 10€
Langue : français

 

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