Jean-Michel Salanskis

 

Voici un livre qui souhaite dépeindre notre vie dans la culture, notre façon de profiter, au sein de celle-ci, des horizons qu’elle nous offre et des sens dont elle nous propose le partage. Nous sommes un peu égarés devant la diversité des possibilités que nous pouvons ainsi embrasser : le livre caractérise notre condition comme celle d’une liberté perplexe, mais ce ne sont pas la liberté ni la perplexité que l’on conçoit ordinairement.

Chaque région de sens dans laquelle nous pouvons nous enrôler appelle une étrange description qui en dégage les tables de la loi : pour accomplir cette tâche, la philosophie prend un nouveau visage, celui de l’ethanalyse ; elle entend dans certains mots (les sollicitants) un appel et elle explicite les prescriptions régissant la réponse à l’appel (la sémance de l’ethos). Un précédent ouvrage (Territoires du sens, Vrin, 2007), avait procédé ainsi à l’ethanalyse de trois régions, celle de l’amour, celle du politique et celle du sujet. Le présent essai aborde la région de la vérité, celle du dialogue, celle du corps, celle de la mort et celle de la philosophie.

À propos de cette dernière, il suggère une façon différente et affectueuse d’envisager le schisme entre philosophie continentale et philosophie analytique. À l’occasion de l’examen de la région vérité, le livre tente une récapitulation des grands principes et problèmes de l’épistémologie de la logique, des mathématiques, de la physique et des sciences de l’interprétation. Traitant du corps et de la mort, on découvre une tradition de l’avoir/être un corps et une normativité de l’attitude envers la mort.

Dans une partie ultime, l’auteur s’attache à traiter de genres et disciplines qui se tiennent au bord de l’ethanalyse et qui, à la limite, pourraient contester l’autonomie du domaine qu’elle se donne ou la méthode qu’elle suit : d’un côté la littérature, de l’autre les sciences sociales. Le livre est ainsi amené à distinguer trois sortes de littératures et à comparer la perspective des sciences sociales sur l’être-ensemble avec celle de l’ethanalyse

Sommaire

Avant-propos

Entrée en matière

L’ethanalyse, son optique, son attitude

  • Sens et partages de sens
  • Le programme de l’ethanalyse
  • Ethanalyse et liberté
  • Débat
  • Géographie des régions du sens
  • L’ethanalyse et le langage
  • Remarques finales concernant ce volume

Nouvelles ethanalyses

Vérité, dialogue

  • La vérité comme sollicitant
  • La tradition de la vérité
  • Deux éléments « pragmatiques »
  • Deux éléments « ontologiques »
  • Deux éléments « épistémologiques »
  • Épistémologie de la vérité
  • Le dialogue

Le corps et la mort

  • Du surgissement du corps à l’ethos de l’avoir/être un corps
  • Corps idéal et texte du corps
  • La mort
  • Lien de l’ethos du corps et de l’ethos de la mort
  • Le corps et la mort comme régions impures

Philosophie

  • L’injonction holistique
  • Penser la chose dans le prolongement de l’objet
  • La philosophie, exercice du thaumazein
  • L’exigence métaphysique
  • L’idiome de l’archipel
  • Philosophie du concept
  • Une maison divisée ?

Frontières, pluralités

Ethanalyse et littérature

  • Exploration du complexe Art/Littérature
  • De la variation eidétique à l’écriture des sémances
  • La littérature comme monstration
  • La littérature comme jeu avec le cadre
  • Détour : le Talmud et la Torah
  • Retour : la littérature et ses visages
  • Les trois radicalisations du langage
  • Les trois essentialisations du langage et leur compossibilité
  • L’unité de la littérature

Ethanalyse, transcendantal, science

  • L’ethanalyse, Kant, le transcendantal
  • Savoir éthanalytique et connaissance scientifique
  • Analyse transcendantale et ethanalyse

L’ethanalyse et l’intersubjectif

Ethanalyse et objectivité du social

Conclusion insuffisante

2014 – 480 pages – Format : 15,5×24 cm
isbn : 978-2-84016-186-8 – Prix : 25€
Langue : français – Diffusion PUF