Alain Milon (dir.)

 

Le 14 septembre 2011, dans l’émission de Laure Adler Hors champ sur France Culture, Jean-Luc Godard tenait les propos suivants : « Question : Expliquez-nous la différence entre du cinéma vrai et des films, faire des films. Réponse : Les films on peut les voir, le cinéma on ne peut pas le voir. On peut juste voir ce qu’on ne peut pas voir… de l’inconnu ou des choses comme cela… Question : C’est cela que vous tentez de faire ? approcher de l’invisible… Réponse : Ce qu’on fait naturellement, ce que font beaucoup d’écrivains à leur manière. Quand j’étais adolescent, l’un des premiers livres qui m’avaient touché, c’est un livre de Maurice Blanchot… je ne connaissais rien à la philosophie et à toute cette école… c’était un livre qui s’appelait Thomas l’Obscur… voilà c’est Thomas l’Obscur… »
Le 28 janvier 1942, à la sortie de Thomas l’Obscur, Thierry Maulnier faisait le commentaire suivant dans sa chronique littéraire : « Le premier roman de M. Maurice Blanchot constitue à n’en pas douter une des expériences les plus subtiles et les plus audacieuses qui aient été faites depuis longtemps pour faire dire aux mots plus ou autre chose que ce qu’ils ont coutume de dire dans leur emploi habituel. »
Deux témoignages différents mais la même intuition sur un auteur à part qui a marqué toute une génération d’écrivains. L’intention de cet ouvrage collectif sur les romans et récits de Maurice Blanchot est justement de creuser cet informulé dans le connu du mot, autrement dit la manière dont l’écriture de Blanchot pose la question de l’invention du langage à travers l’acte de nomination : comprendre le combat que livre Thomas avec, pour ou contre le mot.

Sommaire

Ouverture

Au seuil de l’écriture : Thomas, sans récit, sans roman, Alain Milon

L’avènement du récit

L’événement du récit ou quand « l’au-delà » est appelé dans la scène, Pierre Madaule
Le roman est le récit, Antoine Philippe
La considération de la dynamique dans les récits de Blanchot, approche de la genèse de l’écriture et de la pensée, Geoffrey Martinache

La question de la nomination

Le pouvoir des mots : autour de Thomas l’Obscur, Anca Calin
Maurice Blanchot, Opus communis. Lecture dans le pacte communicationnel : « Faites en sorte que je puisse vous parler. », Slimane Lamnaoui
Maurice Blanchot : « Je » ou comment s’en débarrasser. De l’objet voix à l’« ob-je », Maxime Decout

Espace narratif, espace fragmentaire

L’imaginaire au singulier : l’image de l’escalier dans l’œuvre fictionnelle de Blanchot, Arthur Cools
L’œil obscurci, Tomasz Swoboda
La parole aveugle. L’Apocalypse ou le moment spectral dans l’écriture fictionnelle de Blanchot, Renato Boccali
Le Dernier entretien : la pensée épuisée et l’épuisement du sujet, Gary D. Mole
Le problème des espaces dans Le Dernier homme. Du récit à l’écriture fragmentaire, Huges Choplin

L’univers littéraire du récit : L’Instant de ma mort, Le Très-Haut, Au moment voulu

L’Instant de ma mort de Maurice Blanchot ou une question inventée face à l’impensable…, Claudine Hunault
« Comme un souvenir indestructible » : L’Instant de ma mort de Maurice Blanchot, Caroline Sheaffer-Jones
Le Très-Haut est-il un roman religieux ?…, François Brémondy
Aller plus loin, c’est déjà me lier au retour..., Shuling Stéphanie Tsai

Conclusion

Le fragment ou la strangulation de l’écriture..., Alain Milon

Annexes

Critiques de Thierry Maulnier à propos des deux premiers romans de Maurice Blanchot, Thomas l’Obscur et Aminadab…


2014 – 300 pages – Format : 17×20 cm
isbn : 978-2-84016-173-8 – Prix : 23€
Langue : français

 

Consulter la version en ligne (OpenEdition Books)logo-oeb