Eric Hoppenot, Alain Milon (dir.)

 

Dans Le Pas au-delà, Maurice Blanchot fait le constat suivant : « Derrière le discours parle le refus de discourir, comme derrière la philosophie parlerait le refus de philosopher : parole non parlante, violente, se dérobant, ne disant rien et tout à coup criant. »

Cette résistance de Blanchot à l’égard de la philosophie montre les limites de la qualification d’une œuvre, qu’elle soit philosophique, littéraire ou poétique. L’ écriture philosophique est-elle plus ou moins philosophique dans le fragment d’Héraclite, le système d’Hegel ou l’aphorisme de Nietzsche ? De tout cela, Blanchot semble se moquer. Et qu’importe de savoir si Blanchot est philosophe. Notre intention dans cet ouvrage est ailleurs. Elle est dans le souhait d’interroger le « et », chacun avec ses lectures et ses convictions. Ce « et » dans Blanchot et la philosophie, faut-il l’envisager comme une addition, une disjonction, une impossibilité, un ou bien ou bien, un ni ni, une localisation… ? Où est Blanchot en fin de compte ? Trois articles de Maurice Blanchot compléteront cette approche : « Le « discours philosophique » » (1971), « Discours sur la patience (en marge des livres d’Emmanuel Lévinas) » (1975), et « Notre compagne clandestine » (1980).

Sommaire

  • Entre Blanchot et la philosophie, Alain Milon

Lieux de bifurcation : espace littéraire

  • La seule façon de l’aimer, Anne-Lise Large
  • Nuit étrange : moment de modulations, Alain Milon
  • Des Forêts, Blanchot et Lévinas : pour un « autrement dire », Natacha Lafond

Blanchot, lecteur ?

  • Pascal fut-il un penseur dialectique ?, François Brémondy
  • La littérature comme épreuve : Blanchot, lecteur de Hegel, Mathieu Dubost
  • Nietzsche et Blanchot : parole de fragment, Manola Antonioli
  • Le Livre au tombeau, apparaissant, Thierry Laus
  • La philosophie de l’action, compagne clandestine ?, David Uhrig
  • Intentionnalité et singularité. Maurice Blanchot et la phénoménologie, Arthur Cools
  • De l’Apocalypse à Amalek. Esquisse d’une réflexion sur la pensée du mal dans l’œuvre de Maurice Blanchot, Eric Hoppenot
  • L’ambiguïté de l’« éthique de la souffrance » dans la pensée française contemporaine, Smadar Bustan

D’un thème à l’autre

  • La nuit transforme-t-elle la pensée ? à partir de Blanchot, Hugues Choplin
  • Blanchot « l’obscur » : vers une approche héraclitéenne du neutre, Yves Gilonne
  • Le Neutre dans les limites de la philosophie, Hugo Monteiro
  • Le Neutre blanchotien, reflets et réflexions à partir de L’Amitié, Daiana Manoury
  • Le passif de mort ou l’éthique à l’impossible : sur L’Écriture du désastre, Bertrand Renaud
  • L’Absolu entre transgression et ambiguïté dans la réflexion de Blanchot sur la littérature, Enzo Neppi

Réciprocités

  • Maurice Blanchot, Roland Barthes, une « ancienne conversation », Eric Marty
  • Maurice Blanchot, lecteur de Lévinas, George Hansel

Témoignage

  • Vivre sa mort dans l’écriture, Michel Lisse

Textes de Maurice Blanchot

  • Le « discours philosophique » (1971)
  • Discours sur la patience (en marge des livres d’Emmanuel Lévinas) (1975)
  • Notre compagne clandestine (1980)


2010 – 436 pages – Format : 17×20 cm
isbn : 978-2-84016-055-7 – Prix : 25€
Langue : français

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